Mis à jour chaque dimanche; articles basés sur des sujets spirituels sous l'éclaircissement de la Nouvelle Parole. 

L'Apôtre Pierre est-il allé à Rome ?

09/21/2019

L'Apôtre Pierre est-il allé à Rome ?

La fin de la vie terrestre de l'Apôtre Pierre :


"Sept ans après, cependant, Pierre vint avec son fils Marc chez ce roi, qui les reçut fort bien, et représenta au roi qu'il fallait faire peu à peu connaître Ma doctrine, au moins dans cette ville.

Le roi, qui avait beaucoup d'affection pour Pierre comme pour Marc, le lui déconseilla, sachant bien ce qui animait ses prêtres de Baal, et dit à Pierre : « Il y a dans le pays où nous vivons, surtout du côté de l'orient jusqu'au grand fleuve Gange, quantité de bêtes féroces, et pas moins de plantes vénéneuses ! Et, là où le Seigneur a permis qu'il y ait tant de fauves et de plantes empoisonnées, le sol et surtout l'air doivent être emplis d'esprits malins et de démons qui rôdent surtout comme des lions, des panthères et des hyènes affamés et rugissants, cherchant qui ils pourraient dévorer dans la catégorie des hommes.

Les bêtes que j'ai nommées sont féroces et mauvaises, et il est fort dangereux de leur faire la chasse ; mais mes prêtres de Baal sont encore mille fois plus méchants, car chacun d'eux a en lui au moins mille diables, et il n'y a guère que moi qui puisse m'opposer à eux, grâce à ma grande autorité et à mes soldats, qui sont pour la plupart des Juifs, des Grecs et des Romains, puisque je ne suis moi-même qu'un vassal de Rome - car vous devez savoir que l'Empire romain s'étend jusqu'au Gange, et que ce n'est qu'au-delà que commence le grand royaume de l'Inde, dont personne chez nous ne sait où il finit. »

Ce conseil du roi plut sans doute à Pierre ; pourtant, il éprouvait encore en secret le désir de s'entretenir de Ma doctrine et de Mon royaume avec certains habitants de cette ville, chose que les prêtres ne tardèrent pas à apprendre. Ils envoyèrent des messagers à Pierre pour lui proposer de leur faire connaître, à eux aussi, cette heureuse doctrine.

Il est vrai que, pendant quelque temps, Pierre ne se laissa pas séduire, d'autant que son fils et compagnon Marc le mettait sérieusement en garde là-contre, lui répétant sans cesse : « Laisse le roi s'occuper de notre cause ! Nous n'irons pas contre la volonté du Seigneur en suivant ici le conseil du roi. »

Un jour, pourtant, au bout de deux années, Pierre sortit de la ville et, se promenant au hasard, il rencontra plusieurs mendiants et malades. Il fit des dons aux pauvres, et les malades, il les guérit par la force de Mon esprit en lui.

Or, plusieurs prêtres de Baal avaient assisté à ces miracles. Reconnaissant Pierre, ils le supplièrent instamment de les accompagner un peu plus loin vers l'intérieur du pays.

S'il céda à leurs nombreuses prières et à leurs assurances de loyauté, c'est parce qu'ils affirmaient qu'il y avait dans un village tout proche quantité de malades qu'aucun médecin ne pouvait guérir, et que, s'il guérissait encore ceux-là, eux-mêmes et tous les autres prêtres embrasseraient sa religion et détruiraient leurs temples de leurs propres mains.

Entendant cela, Pierre suivit les prêtres, et, de fait, ils arrivèrent au bout d'une heure dans un village où il y avait une quantité de malades des fièvres et de possédés ; et il les guérit tous, ramenant même un mort à la vie.

Or, ceux qu'il avait guéris se mirent à chanter ses louanges, disant : « Il faut que celui-ci soit un envoyé du vrai Dieu, sans quoi il ne pourrait accomplir par sa seule parole ce que tous nos dieux, pourtant si nombreux, n'ont jamais été capables de faire. »

Les prêtres qui accompagnaient Pierre en furent extraordinairement courroucés. Ils le pressèrent amicalement - pour la forme seulement - de les accompagner encore jusqu'à un petit village que l'on atteignait en traversant un bois de myrtes et de roses. Dans ce bois, ils saisirent Pierre, lui arrachèrent ses vêtements et l'assommèrent, puis le pendirent par les pieds à un myrte desséché. Au bas de cet arbre, ils fixèrent une traverse à laquelle ils lui lièrent les mains, puis, le laissant ainsi suspendu, ils rentrèrent à la ville par un autre chemin.

Le roi, trouvant que Pierre était resté bien longtemps parti, le fit chercher partout, tant dans la ville qu'au-dehors, et ce n'est que le deuxième jour que l'on retrouva Pierre dans le bois de myrte, mort et dans un triste état.

C'est alors que les malades guéris apprirent au roi que les prêtres de la ville leur avaient amené Pierre fort aimablement, que celui-ci les avait guéris miraculeusement et avait même ressuscité un mort, mais qu'ensuite, il était reparti avec les prêtres plus loin vers l'intérieur du pays.

Le roi, fort affligé, fit enterrer Pierre dans le caveau royal et avec les honneurs d'un roi, et l'on mit aussi le myrte dans le tombeau.

Quant aux prêtres de la cité, qui étaient plus de deux mille, ils s'en tirèrent fort mal. Le roi n'en épargna pas un seul et les fit tous mettre à mort par ses soldats, puis conduire sur plus de quatre cents chars dans un désert ou on les jeta en pâture aux nombreuses bêtes sauvages.

Quant au disciple Marc, avec l'aide du roi et des deux administrateurs que nous connaissons, il entreprit alors de convertir à Ma doctrine presque tous les habitants de la ville, et il ne fallut pas un an pour convertir fort heureusement toute la ville, et bientôt, grâce à la conversion de la ville, presque tout le pays.

(Je vous apprends ainsi, à vous qui êtes Mes nouveaux disciples, où et comment le premier apôtre a quitté ce monde, donc ni à Rome, ni à Jérusalem, mais dans la nouvelle cité de Babylone, qui prit par la suite le nom sarrasin de Bagdad.)"


Grand Evangile de Jean, Jacob Lorber


Dans le monde des esprits, l'Ange Marc (l'apôtre Marc durant sa vie terrestre) prêche à de nouvelles âmes arrivées dans l'au-delà (des catholiques) :


"Comment peux-tu me prouver, sur la base des Saintes Écritures, que c'est l'apôtre Pierre qui a fondé l'Eglise catholique romaine ? A ce que je sais, dans les Ecritures qui sont parvenues jusqu'à nous, on n'en trouve pas la moindre allusion. Qu'un Paul ait enseigné à Rome et prêché l’Evangile du Seigneur c’est généralement connu; mais que vraiment Pierre ait fondé à Rome la papauté, je ne me souviens vraiment pas que dans les Ecritures on en trouve même une syllabe. Si toi, avec ton droit religieux, tu veux me flanquer la damnation, tu dois d'abord me prouver que l'Eglise romaine a été, sans aucun doute, fondée par Pierre, a qui le Seigneur avait confié un tel droit.

"Mais si tu ne peux le prouver, et précisément avec les Saintes Ecritures, tu auras à affronter avec moi un dur combat." Regardez comment le moine fait une figure lamentable et se creuse le cerveau pour trouver une réponse valable, mais sans y réussir.

Alors il recourt à une sortie stupide qui lui servira bien peu. Il nous fait signe de l'écouter; c'est pourquoi écoutons-le. Donc le moine parle ainsi :

"Ô vous, détestables démons, c'est là la plus diabolique des questions, énormément hérétique, et tellement contre l'Esprit-Saint que, pour de tels hérétiques, mille des plus horribles et plus profonds enfers, avec une damnation de la durée de mille éternités, seraient encore trop doux !

"A une telle question, devrais-je répondre afin qu'ensuite, tous les démons en une fois, vinssent me prendre ? Vous pouvez toujours attendre une réponse de ma part !

"L’Eglise romaine ne devrait pas avoir été fondée par Pierre, alors que dans Rome même, il a enseigné pendant trois ans, a établi son siège et y subit aussi son martyre sur une croix à l’envers?

"En outre, son corps incorruptible se trouve encore actuellement dans la sainte crypte de l’église à Rome ; et son siège est encore aujourd'hui le puissant trône du pape; et toi, o démon infernal, tu veux me soumettre une semblable question, et tu te permets de te présenter avec autant d'insolence, devant la face d’un pur serviteur de Dieu, d'un prêtre consacré ?

"Je te somme, au nom du Dieu Trine, de la bienheureuse Vierge Marie, de saint Joseph, et au nom de tous les saints apôtres, disciples et martyres, au nom de tous les autres saints, et au nom de toute l'Eglise catholique romaine, la seule béatifiante, à toi horrible démon, de fuir avec ton infernale compagnie ce saint lieu; Autrement j'appelle ici, tous mes frères qui reposent en Paradis ou qui sont dans le Ciel, afin qu'avec trois crucifix hautement consacrés et avec d'autres emblèmes ecclésiastiques bénits, qu’ils vous poursuivent, vous tourmentent si longtemps, que ceci devienne pour vous un long martyr pire que le plus profond Enfer."

"Ô toi, maudit et horrible démon, démon mange chrétiens qui trompe tous les hommes, rebut du septième jour de la création: Ô toi, créature de Dieu, éternellement damnée, va-t-en, va-t-en, hors d'ici !

Marc dit: "Ecoute, mon cher ami, ton exorcisme extraordinairement impitoyable n’a certainement aucun pouvoir ecclésiastique; en effet, comme tu vois, nous trois, qui selon toi, sommes des démons du plus profond Enfer, sommes ici devant toi complètement indemnes.

"Tu peux être aussi sûr, en priorité, que nous ne fuirons même pas devant cent seau d’eau bénite ; Car, tant que de ta part nous n’apprendrons pas la vraie raison, documentée par les Ecritures, sur laquelle se base ton Eglise unique et béatifiante, qui a été fondée par Pierre, nous ne nous éloignerons pas d'ici, pas même d'un pas.

"Et même, au contraire, nous avons tout à fait l'intention de pénétrer encore plus profondément dans ton cloître, sans permettre qu'aucun exorcisme ne vienne nous troubler et nous retenir.

"A ce sujet je t'invite même à nous rendre un service, c'est-à-dire à nous conduire dans les pièces de tes frères qui sont tous aussi insensés que tu l'es, toi !"

Après s'être fait d'abord trois signes de croix, le moine répond: "Dieu ne garde de faire une chose semblable ! J'ai souvent entendu dire que les tentations du démon, dans le monde spirituel, sont mille fois pires que celles du monde naturel;

"Et que seulement dans le monde spirituel on peut se faire une idée exacte de la méchanceté et de la ruse du démon; de sorte que ce que j'ai lu à ce sujet dans les saints livres, écrit par des hommes pieux et craignant Dieu, est maintenant, au vrai sens du mot, devant moi.

"Mais je te demande, ô démon éternellement horrible, et trompeur constant de Dieu et de tout le genre humain: Crois-tu que Dieu se laisse tromper ? Tu te trompes ; et ainsi, de même que Dieu ne se laisse pas tromper, je ne me laisse pas non plus tromper par toi, moi en tant que fidèle serviteur de Dieu en tout temps.

"Et avant que je ne cède devant toi, je veux te tenir tête, avec l'aide de Dieu et de la très bienheureuse Vierge Marie, jusqu’à ce que tu viennes à perdre la patience de lutter ultérieurement avec moi. C'est pourquoi tu peux faire ce que tu veux, mais tu ne réussiras pas à me faire renier Mon Eglise.

"N'as-tu jamais entendu ce que demande l'Eglise, suite au pouvoir conféré à elle le Christ, c'est-à-dire que l'on doit croire d'elle, sans condition, tout ce qu’elle dispose, tant par écrit que verbalement ?

"En effet, si l’Eglise est en possession de l'Esprit-Saint, qui parle à travers Elle, quel est le vrai et sincère chrétien qui douterait de la croire ?

"Si par contre on voulait poser des questions, comme tu le fais, à chaque décision ou à chaque décret de l’Eglise, alors on devrait aussi demander où était écrit d’abord ce que Moïse et les prophètes ont dit comme provenant de Dieu ?

"Tu vois, ô crasseux démon, ce qu'ils ont dit provenait de l'Esprit-Saint, et donc cela est resté et restera comme une vérité éternelle !

"De la même façon, l’Eglise a aussi l'Esprit-Saint, mais s'est limité seulement à ce qui a déjà été d'abord écrit; Cependant elle peut toujours parler librement, et les fils de l’Eglise sont tenus de reconnaître cela comme une vérité indiscutable, en tout temps.

"Donc, si l'Eglise affirme que Pierre, historiquement, a vécu réellement à Rome, où il a érigé là son siège et y est mort crucifié, ceci est une vérité garantie, car annoncée par l'Eglise, laquelle est en pleine possession de l'Esprit-Saint.

"Voilà, tu as la preuve réclamée par toi, et donc éloigne toi, comme tu t’es engagé à le faire ! A dire vrai, je n’étais absolument pas obligé de te donner cet enseignement; toutefois je l’ai fait pour te préparer une damnation d’autant plus grande."

Marc parle maintenant: "Bien, mon ami, et, pour parler sérieusement, mon frère plongé dans la plus grande obscurité ! Je te demande - du moment que tu m'as exposé de façon si évidente, l'Esprit-Saint de l’Eglise comment il est alors possible que cet Esprit-Saint ait pu autant se tromper, au sujet des nouvelles concernant la présence de Pierre à Rome, nouvelles données par les divers prophètes de l’histoire de l'Eglise; prophètes qui, selon tes affirmations ont toujours parlé et écrit sous l’influence de l'Esprit-Saint ?

"En effet, tu as parlé, il y a peu, de la présence de Pierre à Rome, pendant une période de trois ans. Mais, moi, je peux t'assurer que ce m’est inconnue même pas une syllabe de ce qui historiquement a été écrit sur Pierre.

"Si donc tu es un peu versé dans l’histoire de l'Eglise, tu auras certainement découvert des différences sur cette présence de Pierre à Rome, différences qui vont de vingt-quatre ans à trois ans !

"Même l'année de la mort de cet apôtre à Rome est très diverse; et on peut s'estimer heureux, quand la différence ne dépasse pas une année. Cependant, que ce que je dis soit exact, tu peux le constater chez divers historiens.

"Etant donné que notre bibliothèque est heureusement en possession de tous ces témoignages, dis-moi maintenant à laquelle tu réserves entièrement ta foi ?"

Le moine dit: "C'est là de nouveau une question démoniaque, dans le but de me prendre au piège que dois-je te répondre ? Je te dis: Le vrai croyant chrétien est obéissant, ne doute de rien, et ne pose pas de questions sur des dates inexactes; tandis que le chercheur hérétique rumine et fouille tout, et ensuite, à quel profit ?

"Même dans les Ecritures sacrées on trouve de semblables contradictions; devrions-nous peut-être les rejeter pour autant ? Si tu ne sais pas comment parle l'Esprit-Saint, alors je te dis qu'il parle toujours selon la Sagesse intérieure; et de tels dires ont une signification totalement différente et qu'aucun démon ne comprend.

"Tandis que nous, éclairés par la Grâce sanctifiante de Dieu, nous connaissons cette signification, et nous connaissons ce que nous croyons. De cette façon à présent, tu n'es débiteur d'aucune autre question, car avec cela tu augmentes toujours plus ta damnation !"

Marc parle maintenant: "Bien, cher ami, si cela est juste, alors je ne vois vraiment pas pour quelle raison il a plu à l'Esprit-Saint de rapporter si fidèlement ce qui concerne l'apôtre Paul, et n'a pas retenu par contre de dire quelque chose sur celui que tu appelles saint Pierre, du moment qu'il était appelé personnellement à fonder l'Eglise du Christ.

"Paul était seulement appelé à être un apôtre pour les gentils, tandis qu'il n'est écrit en aucun lieu que le Seigneur ait appelé aussi Pierre pour ce travail. En outre, Pierre connaissait l'excellence de l'apôtre Paul, et il ne voyait donc aucune nécessité de faire en second, là où Paul avait déjà fondé une communauté.

"On sait en outre par l'Ecriture, c’est-à-dire par Paul lui-même, qu'une fois il avait admonesté Pierre; mais en aucun endroit on ne fait mention d'un cas où Paul et Pierre aient pris des initiatives en commun accord.

"Donc étant donné que Pierre - en tant que premier chef suprême de l'Eglise - avait déjà été trouvé dans l'erreur par Paul et donc appelé à se justifier, on doit déduire que l'Esprit-Saint ne lui avait pas accordé l'aide nécessaire, ou mieux dit, qu'il avait complètement oublié d'intervenir en faveur de Pierre. Et c'est pourquoi on pourrait aussi conclure que toutes ces dates historiques, si contradictoires, sont le fruit de la fantaisie, ou autrement on devrait en accuser en ce cas l’Esprit-Saint d’infidélité.

"Je sais, au contraire, que le Christ le Seigneur a donné à tous les apôtres une même puissance ; et même, à ce que dit Jean, LUI, après Sa résurrection, dit à Pierre de le suivre ; Jean Le suivit aussi et lorsque Pierre voulût l’arrêter, le Seigneur le réprimanda en lui disant : *Que t’importe si Je veux qu’il demeure ?*

"Ce qui équivaut à dire : Que t'importe, s'il Me suit à l'égal de toi. Et pourquoi alors ?" Parce que le Seigneur a voulu nettement montrer avec cela que ce disciple(Jean), dans l’ensemble, devait comme Pierre suivre le Seigneur invariablement et constamment, malgré l’objection de Pierre.

En outre, je sais aussi que le Seigneur - suite à des doléances présentées par Ses apôtres - prit la défense d'un certain Jean, un qui ne suivait pas Jésus, et ramena le calme dans le coeur jaloux de Ses apôtres.

Puis, nous ne savons réellement rien sur l’éventuelle édification de quelques temples que le Christ ait ordonné à quelques apôtres, et d'une disposition supplémentaire de la part de l'Esprit-Saint, nous n'en savons justement rien.

"Il est vrai que le Christ a dit: *Prêchez partout Mon Evangile*, mais il n'est fait mention en aucun lieu qu'Il ait dit: *Construisez-Moi des temples* Par contre, nous savons qu'au puits de Jacob il a dit à la Samaritaine:

"*Le temps vient, et même il est déjà venu, où les vrais adorateurs de Dieu, L'adoreront en esprit et en vérité* (Jean 4). Nous savons aussi que le Seigneur a recommandé à ceux qui prient, de se retirer dans leur propre petite chambre (en tant que facteur extérieur, et comme condition intérieure). Cependant aux apôtres il n'a jamais dit de se renfermer dans des cloîtres, mais Il a dit: *Allez dans le monde, et prêchez l'Evangile à toutes les nations.*

"Donc, si ta manifestation de puissance ecclésiastique, tu veux la rendre influente au moyen de l'Esprit-Saint, alors tu condamnes le Christ comme un menteur évident, ou comme un maître imparfait, lequel, durant Son activité d'enseignant, ne savait pas ce qui était nécessaire à Sa Doctrine ; et Il a dû pour cette raison l'améliorer ensuite de façon, pour ainsi dire, ambiguë, à cause de pas mal de ces histoires se contredisant.

"Il n'avait pas considéré que pour la diffusion de Sa Doctrine, des cloîtres et des temples auraient été rendus nécessaires. Il n'a pas prévu que Pierre, à Rome, aurait dû fonder Son Eglise, et avec le temps édifier un énorme lieu de prière, et une maison d’habitation encore plus énorme pour ses successeurs.

"Et, de la même façon, le Christ n'a même pas pu prévoir qu'avec le temps, seraient nécessaires à Son Eglise de grandes hiérarchies dans Son sacerdoce, pour la diffusion de Sa Doctrine; car s'il avait aperçu cela durant Son pèlerinage terrestre, en l'occasion où les apôtres Lui posaient des questions sur la prééminence, Il n’aurait pas pu leur donner cette réponse qui est en plein contraste avec la présente organisation ecclésiastique, c'est-à-dire:

"*Un Seul est le Maître, tandis que vous, vous êtes tous frères !* Son ignorance va même encore plus loin, qui ne sait pas en effet qu’Il a dit: *Personne n'est bon, excepté Dieu; et vous ne devez appeler personne père, car Seul UN dans le Ciel est votre Père. De même, personne n'est saint, sinon Dieu Seul.*

"Maintenant, comment se fait-il donc : Chaque apôtre est saint, et le successeur de Pierre est tout bonnement un *saint père*! Si toi, cher ami, tu réfléchis bien sur cela, tu dois, avec le consentement général de ton ordre, inculper nécessairement le Christ de ces faiblesses que maintenant je t'ai exposées; et si tu crois à Sa divinité, tu dois aussi dire:

"*Dieu, tel un faible homme, aperçoit seulement un peu à la fois ce qui est le mieux; et Il est aussi obligé de se plier devant Ses créatures, au risque de Son éternelle Vérité et de Son Infinie Sagesse.*

"Nous savons très bien que le Seigneur a fondé l’Eglise Hébraïque au moyen de Moïse et de ses prophètes, visant à représenter Son Eglise, et qui avait en tous ces points rapport à Lui. Mais cela, il le fit littéralement au moyen de Moïse.

"Cependant, que le Seigneur, en apparaissant en la souveraine Personne du Christ ait voulu à nouveau fonder une Eglise riche de cérémonies et d'images de toutes sortes, Il n'en a pas fait la moindre allusion.

"Mais bien plutôt Il plaça comme solide base de Doctrine, rien autre que le seul amour du prochain; et, à un tel amour, il plaça comme inévitable fondement préliminaire et de base, l’amour pour Dieu, puisqu’Il a dit expressément :

Aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimés et comme encore Je vous aime; car, seulement ainsi, on reconnaîtra que vous êtes vraiment mes disciples.*

"Et de même, Il a dit que Ses disciples ne devaient condamner et juger personne, afin qu'à leur tour ils ne fussent pas jugés et condamnés. Et de plus, le Seigneur, faisant référence à Lui-Même, a dit encore qu'Il n'était pas venu sur la Terre pour la juger, mais pour la rendre heureuse, et pour chercher ce qui en elle était perdu.

"Alors, comment avez-vous donc pu vous ériger en juges, tout à l'opposé et en contradiction avec ce noble, clair et précis enseignement du Christ, et vous attribuer le droit d'émettre des sentences de condamnation et de mort, aussi bien dans le temps que pour l'éternité ?

Est-ce que ce ne serait pas le cas peut-être de vous appliquer ce texte où, LUI, le Seigneur, en se retournant vers ceux qui pourraient Lui dire: *Nous avons prêché en Ton Nom, prophétisé et chassé les démons...* s'écrierait: *Eloignez-vous de Moi, ô vous faiseur de mal ! Je ne vous connais pas, car vous êtes réellement, vous, ceux-là même qui, de tout temps, vous êtes opposés à l'Esprit-Saint !*

C'est pourquoi je te dis, réfléchis soigneusement sur mes paroles, et puis, donne-moi une réponse; mais garde-toi bien de recourir à nouveau à des exorcismes, car autrement, je te ferai voir, moi, la puissance d'un autre exorcisme qui ouvrira tes yeux aveugles; et tu apercevras l'abîme qui t'attend, si tu persistes obstinément dans ta folie.

"Tu Vois, le Seigneur a eu pitié de vous et il m'a envoyé ici, pour votre salut. Si vous voulez m'écouter, vous pouvez être sauvés; si vous ne le voulez pas, j’ai le pouvoir de vous jeter dans les profondes ténèbres, dans un endroit approprié pour vous, fixé par le Seigneur."

Comme vous voyez, le moine commence à s'étonner toujours plus, et il ne sait que penser, ni comment s'en tirer; C'est pourquoi il se retourne et revient épouvanté auprès de ses compagnons.

[...]

Marc parle: "Vois-tu, mon désir est très simple, et ne consiste en rien autre, sinon que tu me dises en quelle occasion Pierre a fondé l’Eglise Romaine, et en quelle occasion ensuite, il a fondé la caste monacale en général. Mais ceci, tu dois me le prouver avec l'Ecriture, car toute autre preuve sera par moi repoussée."

Et maintenant regardez comment ce prieur fait une figure vraiment piteuse; et comment il fait discrètement sur lui un signe de croix; et à voix basse il dit à son voisin: "Que Dieu nous aide, car nous nous trouvons face à la plus grande trinité infernale.

"Ici il y a Lucifer, Satan et le Léviathan ! Ceci est plus que sûr. Mais la question nous a été adressée à nous; que répondrons-nous ?

"Si nous restons silencieux, cette trinité - que Dieu nous en garde - détruira tout notre cloître, notre paradis et notre Royaume des Cieux, et, à la fin, nous amènera droit en Enfer !

"Si nous répondons, cela équivaut pour nous, à nous assurer de toute façon l'Enfer. En vérité, les dispositions de Dieu, en ce monde, prennent un tel pli, que pas même en paradis et dans le Ciel, on ne sait avec certitude, quelle est l'exacte position dans laquelle on se trouve.

Mais étant donné que je ne peux absolument pas prouver l'autorité apostolique de l'Eglise Romaine avec l'Ecriture, la meilleure chose est que je lui dise que je ne peux rien dire avec exactitude; et que seulement à travers une tradition historique, on dit que cet apôtre devrait avoir passé à Rome quelque chose comme plus de vingt ans.

"Si ce qui est dit est vraiment vrai, Dieu seul le sait !

"J'étais en mon temps un catholique romain, et je croyais, j'enseignais, et j'agissais dans l'esprit de cette Eglise et je pense ne pas m'être trompé.

"Mais si les choses sont autrement, alors toi-même tu peux m'en informer. Je ne suis pas hostile à t'écouter; de sorte que tu peux parler.

"Si tu es un bon esprit, tu ne peux vouloir le mal; si, par contre, tu es un esprit mauvais, alors pense que Dieu est plus puissant que toi; et donc, dis ce que tu as à dire."

Je lui dis: "Pour le moment tu t'en es bien tiré; et étant donné que toi-même tu admets ne pas pouvoir répondre à la question, je veux considérer ta réponse manquée comme une vraie réponse.

"Cependant, à présent fais attention, parce que je veux te poser une autre question ; peut-être qu'à celle-là, tu trouveras une réponse en toi. Étant donné ta connaissance de l’Ecriture, et que, même durant ta vie terrestre sur la Terre, tu n'as jamais pu apprendre si l’apôtre Pierre a réellement vécu à Rome et y a fondé l'Eglise Romaine, je voudrais toutefois savoir de toi, en premier lieu, pour quelle raison alors il t'est venu à l'esprit d'intriguer avec autant d'entrain pour obtenir le priorat du monastère ?

"Et puis pourquoi, après avoir arraché le priorat, à travers toutes sortes d’astuces, tu t'es adressé au chef de l'Eglise afin qu'il te fit général de l'Ordre, et même si possible, évêque ?

"Tu vois, c'est là une question importante, et tu seras d'autant plus sûrement en mesure de me donner une réponse, étant donné que tout cela tu l'as expérimenté en toi, et que c'est encore toujours vif dans ton souvenir."

Et maintenant, comme vous voyez, notre chef paradisiaque fait une figure abasourdie, et cherche en chaque coin de sa pensée une réponse habile, comme on peut le déduire de son expression embarrassée.

Mais il ne trouve en lui rien de ce genre, de sorte qu'il se sent amené à lâcher *nolens volens* (bon gré mal gré) la vérité.

Et bien que la vérité, étant donné les circonstances, lui fasse sur la langue l'effet d'une soupe brûlante, il n'y a cependant pas d'issue possible; c'est pourquoi il décide de dire la vérité, advienne que pourra.

Le prieur s'exprime donc ainsi: "Cher ami, quelque soit le lieu d'où tu viennes, je te dis franchement que j'ai fait tout cela, au sens littéral, par moi-même; et pourquoi l'ai-je fait ?

Parce que, étant parfaitement au courant des préceptes de base de l’Eglise apostolique Romaine, je voyais aussi trop bien quelle était la vraie visée de ses théorèmes chrétiens, c'est-à-dire, seulement celle de dominer le monde.

"Mais, pour obtenir cela, il fallait d'abord se créer autorité et importance; et à travers celles-ci, amasser trésors et richesses. Ce qu'a à faire en tout cela le pur christianisme, tu le sauras tout aussi bien que moi, mais l’Eglise Romaine ne s'en est jamais soucié.

"Et, si je ne me trompe, cet état de choses dure depuis le temps de Charlemagne, lequel, à ce que je sais, a donné à l'évêque de Rome, de grandes propriétés foncières, et en a fait avec cela un souverain du monde.

"Depuis ce temps on a considéré - naturellement seulement en secret - que le christianisme dans sa pure sphère, ne s'adaptait pas aux intérêts de l'Eglise; car, dans son authenticité, il est diamétralement opposé au caractère voyant du monde; et c'est pourquoi on en maintint seulement le nom, et on modela ensuite la doctrine, pour pouvoir l'adapter par nécessité de choses à la grandeur et au faste du monde.

"Je dois te dire encore que, souvent, en réfléchissant dans le secret de mon coeur sur la papauté, me tournait dans l'esprit, de façon vive, le dieu mentionné par Daniel, c'est-à-dire Maozin, auquel on aurait offert en sacrifice, or, argent et pierres précieuses, et en qui il n'y aurait pas eu d'amour de femme.

"Mais à quoi pouvaient servir toutes mes réflexions ? Désormais je n'étais qu'un stupide boeuf attaché au joug; qui aurait pu me délier ?

"Une chose cependant est certaine, c'est que les boeufs qui se trouvaient devant le chariot ont moins à tirer que ceux attachés plus en arrière; et j'étais content de constater cela, et de faire mon possible afin d'être attaché à un joug, le plus possible en avant, afin d'être ainsi, plus un boeuf de parade que de trait.

Qu'en dis-tu, aurais-je peut-être dû agir autrement ?

"Certes, j’aurais désiré me comporter différemment, si Dieu ne m'avait pas donné une peau si sensible. Cependant suite à l’extrême sensibilité de ma peau, et à la vue des bûchers ardents, je fis le fourbe, et en pratique je ne m'occupai plus de rien.

"En effet, je pensais à part moi: faire du bien, du point de vue vraiment chrétien, ainsi qu'il était dans les intentions du divin Fondateur, c'est en de semblables circonstances absolument impossible; je préfère ne rien faire, et suivre au mieux la stupidité extérieure.

"C'est pourquoi, je cherchai où il était possible de changer cette stupidité à mon avantage temporel. Je savais très bien que cela était faux par rapport à la Doctrine du Christ, à condition qu'il y ait quelque chose d'autre; mais d'autre part je pensais:

"Si le Seigneur - comme il est écrit dans les Evangiles - a enseigné cette doctrine aussi simple et extrêmement pure, comment peut-elle tellement dégénérer !

"En outre, je pensais souvent à Paul qui avait invité ses communautés à être soumises au pouvoir du monde, qu’il fût bon ou méchant, puisqu'il n'y a en aucun lieu un pouvoir, qui ne soit pas de Dieu.

"Par conséquent, si ce que font ces chefs de l'Eglise est injuste, ils auront eux à devoir en répondre en son temps; moi par contre, je ferai comme fit Ponce-Pilate, quand il ne réussit pas à empêcher la crucifixion du Christ.

"Et le Seigneur, en tant que l'Être le plus parfait, reconnaîtra sûrement que l’un de nous, avec son pouvoir très limité, ne peut certes pas nager contre le courant général du monde.

"Alors voilà, cher ami, de quelque lieu que tu sois, telle est la réponse à ta question; et maintenant, même si tu m'enlèves la peau, tu ne pourrais obtenir rien d'autre de moi."


Jacob Lorber


La Bible est complète (plus de révélation) La polygamie