Mis à jour chaque dimanche; articles basés sur des sujets spirituels sous l'éclaircissement de la Nouvelle Parole. 

S'arracher l’œil et le bras droit

09/28/2019

S'arracher l’œil et le bras droit


"Le grand-prêtre se tourna vers Nathanaël et lui dit : «Sur le conseil de votre Maître, au hasard, je m'adresse à toi : explique-moi le point le plus difficile de l'enseignement de votre Maître. Mais je t'en prie, des mots simples et clairs, car la brume sur la brume ne donne pas de lumière ; parle donc !»

Nathanaël dit : «Manquez-vous pareillement de sagacité que vous ne compreniez pas un enseignement aussi clair ? Les prophètes n'ont-ils pas annoncé que le Christ ne parlerait aux hommes qu'en paraboles et qu'il ne s'exprimerait qu'en paraboles ?»

«Oui, tu as raison, c'est écrit, en effet !»

Nathanaël poursuivit : «Si tu sais que c'est écrit, pourquoi traites-tu le Seigneur de fou ? Puisque, selon l'Écriture, II parle en paraboles, tu peux bien demander au Seigneur une lumière pour comprendre, mais tu ne peux pas Le traiter de fou parce que tu ne comprends pas Sa façon de parler en paraboles, toi qui es plein d'incompréhension à l'égard des choses de Dieu.

Regarde : dans la nature, les choses ont une ordonnance et elles ne peuvent subsister que par elle. Les choses de l'esprit ont également leur propre ordonnance, elles ne peuvent exister et ne peuvent être pensées et exprimées en de-hors d'elle. Mais il y a une correspondance entre les choses de l'esprit et les choses de la nature, parce que ces dernières procèdent des premières, et personne, mieux que le Seigneur, ne les connaît.

Si le Seigneur parle des choses de l'esprit à nous autres, qui sommes encore dans l'ordonnance figée de la nature, il ne peut en parler que par comparaisons et par paraboles. Pour les comprendre, il nous faut nous efforcer d'éveiller notre esprit en considérant les commandements de Dieu. Ce n'est que lorsque nous commencerons à nous éveiller ainsi que nous pourrons comprendre ce que le Seigneur a voulu dire et révéler par ces paraboles ; alors Sa parole divine se distinguera éternellement de notre parole humaine !

Mais attention ! L'oeil, dans la nature humaine, correspond, dans le monde de l'esprit, au pouvoir de distinguer les choses divines et célestes qui ne concernent que l'existence de l'être spirituel, pour sa félicité éternelle.

À cause d'une ordonnance divine nécessaire, l'esprit doit descendre, un certain temps, dans la matière de la chair de ce monde, afin de s'affermir dans sa liberté, et de développer une indépendance quasi-totale de Dieu, sans laquelle il ne pourrait jamais voir Dieu, ni ne pourrait exister en Dieu, à côté de Dieu et par Dieu. Même si l'esprit mûrit dans la matière, et s'affirme dans la liberté et l'indépendance de Dieu, il se trouve en danger inévitable d'être absorbé par la matière elle-même, et d'être ainsi anéanti ; mort dont le réveil à la vie en Dieu se trouve être, et doit être infiniment douloureux et difficile. C'est pourquoi le Seigneur, faisant allusion à l'homme spirituel et non pas à l'homme charnel, a dit : «Si ton oeil pense à mal faire, arrache-le et jette-le au loin, car il vaut mieux aller au ciel avec un seul oeil qu'avec les deux en enfer.» Ce qui signifie : si la lumière du monde te séduit par trop, fais-toi violence, et écarte-toi de cette lumière qui te précipite dans la mort de la matière. Que ton esprit te délivre de la vaine jouissance de ta manière de voir ce monde, et tourne tes regards vers les choses purement célestes. Car il vaut mieux entrer dans le règne de la vie éternelle, sans toute la connaissance de ce monde, que d'être absorbé par la mort de la matière, en le connaissant par trop, et en ayant trop peu de connaissances spirituelles.

Quand le Seigneur parle des deux yeux, des mains et des pieds, II ne fait pas allusion aux yeux, aux mains et aux pieds du corps, mais, de toute évidence, à la double faculté de l'esprit de voir et de progresser. Il engage l'esprit, et non le corps, à ne pas chercher à comprendre ce monde, au cas où l'esprit serait par trop fasciné par ce monde, car il est préférable d'entrer dans la vie éternelle sans toutes ces connaissances, plutôt que de finir par être dévoré par le jugement nécessaire du monde.

Cependant, l'esprit doit aussi observer ce monde, et le connaître, sans pour autant y trouver de complaisance ; s'il sent que le monde commence à le séduire, il faut aussitôt qu'il s'en éloigne, car le danger le menace. Il s'agit de détourner son regard : c'est l'image de l'oeil qu'il faut arracher. Qui peut parler par de telles images doit être versé dans toutes les connaissances spirituelles et matérielles de l'homme ; seul, à mon avis, en est capable Celui dont la force d'amour et la sagesse sont à l'origine de toutes les choses spirituelles et matérielles. Je pense que tu m'as compris, et que tu vois que tu as lourdement péché contre Celui qui tient ta vie et nos vies dans Sa main toute puissante.

Le grand-prêtre, très surpris, comme beaucoup d'autres assistants, dit après un moment d'étonnement : «Oui, oui, je comprends bien ! Mais alors pourquoi le Seigneur ne s'est-II pas fait comprendre, aussitôt, comme tu viens de le faire ; je n'aurais pas péché contre Lui !»

Nathanaël dit : «Qu'un garçon de sept ans pose la question n'aurait rien d'étonnant, mais cela m'étonne de toi qui es l'un des premiers sages de la ville !

Ne voudrais-tu pas poser au Seigneur la question savante de savoir pourquoi II a mis dans les graines, qui ne ressemblent à rien, la faculté de se développer, et la forme en puissance de l'arbre qui en résultera ? N'aurait-Il pas mieux fait de laisser les fruits tomber du ciel, dans les bras des hommes ? À quoi sert cette lente croissance des arbres à partir d'une graine ? Et pourquoi devoir attendre si longtemps que les fruits mûrissent ? Regarde, regarde comme tu es encore bête !

La parole et l'enseignement du Seigneur est comme toute Son oeuvre. Il nous donne son enseignement par petites graines, qu'il nous faut commencer par semer dans le sol de notre esprit, et ce sol s'appelle l'amour ; c'est là où la graine peut croître, pour devenir un arbre de la connaissance véritable de Dieu et de nous-mêmes, et de cet arbre, au moment voulu, nous pourrons récolter les fruits mûrs de la vie éternelle.

L'amour est la première chose : sans amour, aucun fruit de l'esprit ne peut prospérer. Sème en l'air les graines, tu verras si elles croissent et donnent du fruit. Le véritable amour est le véritable sol de la terre pouvant recevoir la graine spirituelle qui nous a été donnée par la bouche du Seigneur !

C'est pourquoi le Seigneur nous libère de la sévère loi mosaïque de la punition, pour que nous trouvions un sol fécond dans nos coeurs. En effet, celui qui condamne, selon la loi, n'a souvent que peu ou pas d'amour, et la semence de la parole divine ne pourrait guère prospérer en lui. Celui qui est condamné se trouve jugé. Dans le jugement, il n'y a pas d'amour, car le jugement est la mort de l'amour.

Il vaudrait donc mieux ne pas toujours voir la faute du prochain, mais plutôt être patient et indulgent. Si, dans leur faiblesse, les autres vous demandent quelque chose, vous ne pouvez rien leur refuser ; ainsi l'amour croîtra en vous, comme en vos faibles frères, et quand vous serez tous comblés de cet amour, la semence divine aura germé en vous ; alors le faible, dans sa force, vous rendra plusieurs fois ce que vous avez fait pour lui dans sa faiblesse.

Mais si vous êtes mesquins et durs avec vos faibles frères, vous ne serez jamais vous-mêmes un fruit de Dieu, et le jugement des faibles finira aussi par vous absorber tous.

Quand le Seigneur dit — donne ton manteau à celui qui te demande ta robe, cela signifie que vous êtes de riches propriétaires et que vous devez donner en abondance à ceux qui viennent à vous. Ainsi deviendrez-vous riches en vos coeurs. Cette richesse vous donnera la félicité et les pauvres vous béniront, car c'est dans vos coeurs qu'ils entendront la prédication appliquée du véritable Évangile de Dieu et ils vous soutiendront. Mais si vous calculez ce que vous donnez si chichement, vous ne serez pas plus avantagés que vos pauvres frères.

Le grand-prêtre qui avait suivi ce discours avec une grande attention dit : «Tout est bien et je crois avoir compris tout ce que tu m'as dit, mais je dois te faire remarquer que le Maître n'a parlé que de l'oeil droit et de la main droite à arracher. Dans mon zèle, j'ai ajouté aussitôt les pieds et tu m'as expliqué le sens des pieds aussi bien que le sens de l'oeil et des mains dont le Maître avait parlé. Et tu as dit — seule la parole du Maître qui s'adresse à l'esprit de l'homme a une correspondance, comment alors se fait-il que tu en aies trouvé une à ce que j'ai ajouté ?

Nathanaël dit : «Tu te trompes, le Seigneur a aussi parlé du pied droit ; seulement II a fait signe aux scribes d'omettre ce détail, car pour ceux qui ont tourné leur regard intérieur vers le ciel, c'est-à-dire qui ont renoncé à leur propre volonté, la volonté de leur amour correspondant au bras gauche de la main du coeur, alors qu'ils ont déjà rejeté leur bras droit, leur main droite correspondant à l'activité terrestre, il n'est plus nécessaire de s'arracher le pied droit, l'oeil voyant la vraie lumière et la main, ou la volonté, ayant choisi la bonne action ; les progrès dans les régions de la vie éternelle allant de soi, le pied droit, représentant l'avancement dans ce monde terrestre, n'est plus nécessaire.

Vous Samaritains, vous pouvez commencer par les pieds, car, bien que votre regard soit tourné vers Dieu et que vos mains se tendent pour des actes justes, votre pied, à cause de votre soif d'avancement, est tourné uniquement vers le monde. Vous attendez du Messie tout autre chose que ce que vous ont annoncé les prophètes, et c'est le pied droit que vous devriez arracher si vous vouliez prendre les voies du Royaume de Dieu. Voilà pourquoi le Seigneur vous a parlé du pied droit, mais n'a pas voulu que ce soit mis par écrit, parce que les futurs disciples du Seigneur sauront bien où et en quoi consiste le Royaume du Messie et ce qu'il faut faire pour y parvenir. As-tu encore quelque observation à faire ?»


Grand Evangile de Jean, Jacob Lorber

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